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d'Molshemer Zitung

Cumul des mandats

12 Février 2017 , Rédigé par Manele

Cumul des mandats

 

34 députés ont cosigné dont le député de la 6eme circonscription du Bas RHIN, un projet de loi visant à reporter l’effet de la loi du 14 février 2014 interdisant le cumul des fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur. Si cette demande est parfaitement justifiée pour quiconque souhaite par faiblesse ou vanité, garder le pouvoir sans le partager tout en n’ayant de compte à rendre à personne sauf à lui-même et si nos politiques étaient des surhommes (cela se saurait) elle ne saurait masquer le mépris de ces élus pour, par exemple, leurs congénères élus aux conseils municipaux. En effet, un député, par exemple, peut parfaitement participer à la vie de sa commune tout en étant conseiller municipal. Il peut même, avec l’accord des organisateurs de manifestations, animer celles-ci au micro et ainsi reprendre une place bien en vue. Il est évident que cette position ne permet plus de faire plaisir localement à son électorat « législatif » avec les moyens municipaux.

Si un député a entre ses mains 1/577 ème des décisions législatives, il n’a aucun pouvoir financier si ce n’est « que » les 130000 € annuel de sa réserve « parlementaire » et les 9618 € pour la rémunération de ses attachés, quel que soit le travail fourni. Or, le Maire d’une commune, si celle-ci est importante, bénéficie d’un budget beaucoup plus important pour s’acheter la bienveillance des concitoyens et ceci sans réel contrôle puisqu’il lui suffit de signer lui-même la certification du service fait. Pour ceux qui oseraient contredire cet état de fait en tentant de faire appliquer l’article 40 du Code de Procédure Pénale, qui comme le PLU n’est pas connu de tous, se verraient vite remis dans le rang y compris par le procureur de la République (circulez, Il n’y a rien à voir)

Pour terminer, la remise en cause maintenant de cette loi ne démontre pas la capacité d’anticipation de nos élus mais plutôt une navigation opportuniste égocentrée.

 

TEXTE N° 4424 Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 30 janvier 2017 visant à interdire le cumul des mandats des députés.

EXPOSÉ DES MOTIFS : MESDAMES, MESSIEURS, La Loi du 14 février 2014 interdisant le cumul des fonctions exécutives locales avec le mandat de député ou de sénateur est un texte caricatural et mal préparé. L’objectif était de répondre à une mode médiatique dont il n’est pas évident qu’elle soit partagée par une majorité de nos concitoyens. Le résultat est un texte bâclé additionnant les défauts. C’est pourquoi cette proposition de loi organique élabore un report de l’application de la loi de 2014 qui pourra permettre non un retour total en arrière mais une réécriture plus équilibrée du texte. Il faut rappeler que la loi de 2014 a été adoptée fin janvier et promulguée mi-février après un contrôle du Conseil Constitutionnel. À cette date, les candidats aux élections municipales étaient déjà déclarés et en campagne. Les maires élus ou réélus en mars 2014 et par ailleurs parlementaires pouvaient difficilement anticiper et s’ils veulent tenir leur engagement se trouvent de fait interdit de candidature aux élections législatives ou sénatoriales de 2017. C’est le sens du report de l’application de la loi organique 2014-125 du 14 février 2014 au 31 mars 2020, soit à l’issue du mandat municipal actuel. Ce délai aura également pour intérêt de réécrire la loi pour en balayer les multiples imperfections. – Les mandats locaux sont visés sans discernement. Régions, départements, intercommunalités, communes sont traités de la même façon. Cette situation est absurde. Peut-on par exemple comparer une région avec une commune ? La présence d’un exécutif régional sur le territoire dont il a la responsabilité est-elle comparable à celle d’un exécutif municipal ? Peut-on mettre au même niveau de traitement une commune de 500 habitants et Paris, Lyon ou Marseille ? – Par le choix de la caricature, la loi crée des parlementaires totalement déconnectés des réalités de la gestion locale dont on ne prend la pleine mesure qu’à travers l’exercice d’une fonction exécutive. C’est vrai des députés. C’est encore plus vrai des sénateurs qui assument au terme de l’article 25 de la Constitution : « La représentation des collectivités territoriales de la République ». Pourtant, après les renouvellements de mars– 2017 et 2020, plus aucun sénateur n’exercera de fonction exécutive locale. C’est la caricature jusqu’à l’absurde. – Le cumul de fonctions exécutives locales n’a pas été pris en compte. Il paraît pourtant plus délicat voire porteur de conflits d’intérêts dangereux. Est-il logique qu’un président de conseil régional puisse être président d’une intercommunalité majeure de sa région et adjoint de la ville centre de cette intercommunalité ? Les schémas de cumuls sont multiples mais n’ont pas été envisagés par la loi de 2014. – À aucun moment, il n’a été évoqué les moyens de travail modernes qui effacent les distances. Ces outils sont de plus en plus courants et reconnus dans les entreprises. Ils s’appliquent dans l’exercice des mandats électifs et permettent déjà d’écarter des inconvénients qui pourraient générer un cumul. – Les parlementaires seront traités différemment selon le mandat local non exécutif qu’ils pourront exercer, notamment au plan des indemnités. Un conseiller régional ou un conseiller départemental perçoit une indemnité. Ce n’est pas le cas d’un conseiller municipal dans la plupart des communes. Cette question ne peut être éludée. Il ne s’agit pas d’écarter toute réflexion sur la question du cumul des mandats. Il s’agit au contraire de se donner le temps d’approfondir pour écrire un texte plus efficace, plus équilibré et plus juste.

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